H 83 × L 44 × P 45 cm
La pièce fondatrice des Immortelles : un buste dont la peau entière est une dentelle d'auteur, ajourée et organique. Tout ce que la collection est devenue tient dans ce premier geste.
Dentelle ne doit rien à un répertoire existant : son maillage tient autant des nervures d'une feuille et des branches d'un arbre que d'une dentelle textile. Et il ne couvre pas le corps : il le constitue.
Double lecture : on regarde le motif, on lit le corps. Sans la dentelle, plus rien à voir ; sans le corps, la dentelle n'a plus de sens. Le regard bascule de l'un à l'autre selon l'endroit où il se pose. C'est ce que j'avais à dire des corps : ils ne sont pas montrés, ils sont révélés par ce qui les habille.
Du rotring aux Faux de Verzy
L'origine remonte à 2006, à l'ESAD de Reims. Pour un concours commandité par LVMH, j'avais dessiné au rotring, sur du Canson format Raisin, une série de bandes de dentelle libres, d'après mes photographies des Faux de Verzy, ces hêtres tortueux de la Marne, aux branches contorsionnées comme des arabesques végétales.
Le rapprochement m'a sauté aux yeux : les courbes de ces arbres, le maillage de mes dessins et les courbes d'un corps parlaient la même langue.
Courbe par courbe
Le motif a ensuite été repris courbe par courbe pour épouser exactement la surface du corps. C'est l'étape la plus longue de toutes : chaque courbe est posée à la main, rien n'est généré.
La collection
Dentelle ouvre les Immortelles. Les six autres pièces en découlent : Curvy sur une silhouette cambrée, Bee et ses alvéoles de ruche, Entrelas où le corps se réduit à un écheveau de rubans. Les autres sont sur la page de la collection.
La série prolonge en volume ce que je cherche en peinture avec mes Demoiselles.







